Jeanne-Mance Delisle, 40 ans de ​création
spectacle en production
​à être présenté au Petit Théâtre du Vieux-Noranda 
en octobre 2020

© photo : Ariane Ouellet

〰 〰 〰

Certaines femmes à la grande pulsion de liberté ont tout remis en question, tout mis à plat sur la table : le patriarcat, le modèle familial traditionnel, la sexualité. Elles ont ouvert un chemin, brisé le carcan, défriché et expérimenté. Elles ont joint la parole à la pensée et les actes à la parole. Elles ont mis leur plan à exécution, ont eu des amants, des maîtresses, des enfants. Elles ont réinventé leur vie. Elles ont laissé derrière elles une trace révolutionnaire de ce qui fut certainement le début d’un mouvement qui continue aujourd’hui d’exploser.

Jeanne-Mance Delisle est de celles-là. Dans son œuvre, tout en exposant les travers hypocrites de sa société, elle a cherché à toucher à ce que l’Être humain a de primitif, d’avant la vie en société. Un retour aux origines. Quarante ans plus tard, qu’est-ce qui a tenu et qu’est-ce qui a cédé de cette repensée du monde?

Deux écrivaines de générations différentes se sont immergées dans l’œuvre de Jeanne-Mance Delisle : Sonia Cotten, directrice artistique et poète, et Erika Soucy, dramaturge, scénariste et poète. Elles ont questionné l’œuvre et projeté leur sensibilité mais aussi leur posture citoyenne, à la rencontre de l’univers de Delisle, de ses personnages, de ce qu’ils vivent et de leur sacrifice.

Cette production, qui est plus près du spectacle littéraire hypermédiatique que du théâtre traditionnel, offre au spectateur les codes des œuvres qui sont présentées, les mettant en contexte. Sur scène : de la musique live, une comédienne et un comédien en plus de la dramaturge et de la poète.

Chez ces dernières, la rencontre est comme un choc souvent, mais l’impact n’a pas lieu au même point de l’être chez l’une et chez l’autre. Chez Cotten, c’est dans sa fibre même, dans les lignes de force du territoire. Chez Soucy, c’est dans la chair. Et la scène devient une zone confrontante où des écrivaines questionnent une œuvre et ses personnages, auxquels on a insufflé vie pour l’occasion. On est dans #metoo, l’affaire Mantzieff, les Césars.

On est dans la réflexion face à sa propre violence; la petite, l’individuelle, la collective, la dénigrante, la familiale, à-travers une œuvre magistrale qui propose une plongée vertigineuse dans le monde secret et obscur de l’âme humaine.

C’est 1980 et c’est 2020. La membrane est tendue, le débat abrasif, la moindre étincelle pourrait mettre le feu. Revisiter cette œuvre coup-de-poing s’échelonnant sur 40 ans a abouti à un
spectacle nécessaire, dérangeant, pertinent, percutant.

Et c’est une façon de soutenir les artistes qui créent en région, une façon de célébrer une œuvre féministe et les 40 ans d’Un oiseau vivant dans la gueule qui, rappelons-le, s’est tout de même mérité le prix du Gouverneur général en 1987.

« Les personnages de Jeanne-Mance Delisle, animés de pulsions animales, surpris en flagrant délit de passion, sont parmi les plus forts de notre littérature. »
— Stéphane Lépine

Une création initiée par le Petit Théâtre du Vieux-Noranda / Les Zybrides en coproduction avec Productions Rhizome

Direction artistique du projet : Sonia Cotten
Direction de production et mise en scène : Simon Dumas
Adjoint de production : Luca Mancone
Scénographie et chorégraphie : Andréane Boulanger
Extraits des textes de Jeanne-Mance Delisle (éditions de la Pleine Lune) :

Un « reel » ben beau ben triste (1994)
La bête rouge (1996)
Un oiseau vivant dans la gueule (1987)
Ses cheveux comme le soir et sa robe écarlate (1983)

Textes : Sonia Cotten et Erika Soucy
Jeu : Valérie Côté et Stéphane Franche
Interprétation des textes : Sonia Cotten et Erika Soucy
Conception musicale : Marie-Hélène Massy-Émond et Jean-Philippe Rioux-Blanchette
Conception des éclairages : Christian Leduc
Direction technique et Intégration technologique: Valentin Foch
Communication et découvrabilité : Camille Barbotteau et Ariane Lehoux

Informations : projets@petittheatre.org 

   



             



BIOGRAPHIES
Jeanne-Mance Delisle est Abitibienne de souche, d'âme et d'esprit. Dramaturge, romancière, nouvelliste, elle a remporté le Prix littéraire de l'Abitibi-Témiscamingue pour sa pièce Un «reel» ben beau, ben triste en 1978. En 1987, elle a reçu le Prix littéraire du Gouverneur général du Canada pour Un oiseau vivant dans la gueule et, en 1991, le Grand Prix de la prose du Journal de Montréal, pour ses Nouvelles d'Abitibi (Éditions de la pleine lune, 1991). Jeanne-Mance Delisle est aussi l'auteure de divers monologues (Femme d'un bûcheron, Musée canadien des civilisations) ainsi que de courtes pièces non disponibles au CEAD. Ces ouvrages peuvent être demandés directement à l'auteure. Un «reel» ben beau, ben triste a été joué à Rouyn-Noranda (Théâtre de Coppe), à Québec (Théâtre du Bois de Coulonge, Théâtre La Bordée) à Gatineau (Théâtre de l'Île), à Montréal (Théâtre du Nouveau Monde). La traduction écossaise The Reel of the Hanged Man, de Martin Bowman et Bill Findlay, a été produite à Édimbourg (et aussi en tournée à Glasgow, à Stirling, à Paisley et à Lerwick) en 2000, où elle a connu un énorme succès. Un oiseau vivant dans la gueule a été présenté au Festival de théâtre des Amériques et au Théâtre de Quat'Sous. Sa traduction anglaise, A Live Bird in Its Jaws, signée Yves Saint-Pierre, a été jouée à Toronto et sa traduction écossaise, A Live Bird in the Mouth, de Martin Bowman, sera produite en Écosse au cours de la saison 2009-2010.


© photo : Yves Richard 


Sonia Cotten, direction artistique, écriture et interprétation des textes
Poète québécoise née en 1974 en Abitibi-Témiscamingue, au Québec. Elle a publié quatre recueils aux Éditions Poètes de brousse, et deux recueils pour enfants.Deux fois récipiendaire d'une bourse du Fonds dédié aux arts et aux lettres de l'Abitibi-Témiscamingue, elle présente ponctuellement son travail sur les scènes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'Europe grâce aux bourses de déplacement du CALQ entre 2007 et 2015. Elle a remporté, en 2015, le 1er prix du concours de poésie Geneviève-Amyot. Vient de paraître un premier roman jeunesse, Cours, Ben, Cours!, coécrit avec Philippe Garon, de Gaspésie, et publié chez Bouton d’or Acadie.

© photo : Philippe Ruel


Erika Soucy, écriture et interprétation des textes
Née en 1987 à Portneuf-sur-mer, sur la Côte-Nord. Autrice, chroniqueuse et comédienne, elle est de la promotion 2010 du Conservatoire d’art dramatique de Québec. On lui doit les recueils de poésie Cochonner le plancher quand la terre est rouge (Trois-Pistoles, 2010), L’Épiphanie dans le front (Trois-Pistoles, 2012) et Priscilla en hologramme (L'Hexagone, 2017). Son premier roman, Les murailles (VLB éditeur, 2016), a remporté le Prix de création littéraire de la Bibliothèque et du Salon international du livre de Québec et est porté à la scène en avril 2019, au Théâtre Périscope. L'adaptation théâtrale du texte s'est d'ailleurs méritée une nomination au Prix Michel-Tremblay 2019.

© photo : Hugo B. Lefort


Simon Dumas, mise en scène
Simon Dumas est un artiste interdisciplinaire dont les racines sont plongées dans la littérature. Auteur, il a fait paraître cinq livres de poésie dont Mélanie (2013) et Révélations (2016) aux éditions de l’Hexagone. Il est aussi, depuis maintenant vingt ans, producteur et metteur en scène de spectacles interdisciplinaires, notamment pour le compte de Rhizome dont il est le cofondateur et le directeur général et artistique. Invariablement, ces projets prennent leurs assises sur des textes littéraires et font participer les auteurs à des processus collectifs de création. Inversement, des artistes d’autres disciplines se frottent aux écrivains. Ce sont des processus de lecture et de rencontres qu’il tente de mettre en branle, lecture littéraire, lecture interdisciplinaire et « traduction » d’un langage artistique vers un autre. Simon Dumas vit à Québec. Il est né en 1976.


Andréane Boulanger, scénographie et chorégraphie
Andréane Boulanger enseigne les arts visuels au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Artiste multidisciplinaire (cinéma, danse, cirque, peinture), elle a participé à de nombreuses expositions professionnelles tout en ajoutant à son parcours une maîtrise en création numérique. Ses films se sont mérités différents prix dans la francophonie, dont la bourse de la relève Desjardins du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue pour son court-métrage Lutherie sauvage. Ses scénographies adaptatives sont toujours issues de l’art-performance. Engagée dans sa communauté, elle participe à des jurys et donne régulièrement des ateliers d’expression artistiques et plastiques dans les écoles. La force communicative de l’image est au coeur de sa démarche, peu importe le médium qu’elle utilise.

© photo : Radio-Canada / Vanessa Limages


Valentin Foch, direction technique et Intégration technologique
Valentin c’est un p’tit gars qui vient d’la France et qui a décidé de devenir adulte dans le grand nord québécois, et plus précisément en Abitibi-Témiscamingue. Diplomé d’une maîtrise en création numérique, Valentin est le maître d'oeuvre de projets numériques du Petit Théâtre du Vieux Noranda autant dans l’accompagnement des artistes que dans l’intégration technologique dans les arts vivants. Créateur, Valentin développe des oeuvres où il détourne les objets du quotidien en cherchant à humaniser l’artificiel et à explorer l’âme des nouvelles technologies. Sa pratique artistique s’oriente autour du codage, du mapping et de la récupération de matériaux incongrus pour créer des machines électrométriques qui répondent aux stimuli humains. Il a également cofondé, en 2016, le collectif d’artistes numériques CrocoDeal Dunil.


Valérie Côté, jeu
Bachelière en travail social et intervenante auprès des communautés, Valérie Côté met les arts de la scène au cœur du développement humain. Issue du milieu de l’improvisation, elle est active sur les scènes de l’Abitibi-Témiscamingue depuis une quinzaine d’années. Elle a oeuvré dans plusieurs projets de théâtre d’intervention, et particulièrement dans des spectacles de théâtre fondés sur des improvisations à partir des récits de vie des spectateurs. Cofondatrice des Productions Côté-Vivard, elle a réalisé plusieurs tournées de sensibilisation sur des enjeux sociaux. En 2017, elle fonde Le Théâtre Enraciné qui propose des services de théâtre d’intervention (Projet Odabi), d’animation et de formation théâtrale. En janvier 2018, elle a rejoint l’équipe d’Inven(taire) à vif, production du Théâtre du Tandem. Polyvalente, audacieuse, elle passe de monologues d’humour au théâtre de récit, en passant par le coaching en écriture, la mise en scène et le jeu dramatique.

© photo : Charles Roussel


Stéphane Franche, jeu
Stéphane Franche est un artiste aux multiples talents : improvisation, gymnastique acrobatique, doublage, animation et réalisation cinématographique. Formé à l’Option-Théâtre du Cégep de St-Hyacinthe, il a poursuivi ses études au baccalauréat en Art dramatique à l’UQAM. Parmi ses réalisations au cinéma, on le retrouve en tant que comédien dans Under a Leaden Sky, film primé au Gala des Jutra, À tous ceux qui ne me lisent pas, Le Banquet, Vigile, Au pied du mur et Plume. À la télévision, il a incarné Alain Chevalier dans le téléroman Watatatow jusqu’en 2005. On l’a vu également dans Toi & Moi ainsi que dans plusieurs émissions. C’est toutefois au théâtre que Stéphane a été le plus actif. On a pu le voir dernièrement dans Bande de Bouffons au théâtre du Tandem mise en scène par Jacques Laroche. Stéphane a aussi prêté sa voix à de nombreuses productions, que ce soit en publicité, doublage ou surimpression vocale.

© photo : Julie Beauchemin


Marie-Hélène Massy Emond, conception musicale
Autrice-compositrice-interprète issue de la tradition québécoise des chansonniers. Son cycle de création actuel s’articule autour du féminin en région-ressource. Intéressée par les thèmes de la compromission, de la solitude et de lien au territoire, elle développe dans ses œuvres sonores (hörspiel) et scéniques l’esthétique artisanale du fait-main à partir d’une posture écoféministe. Depuis trois ans, elle s’associe à différents artistes et artisans du théâtre au Québec, en France et en Italie pour réfléchir et créer des projets destinés aux lieux non-dédiés et à l’espace public. Tels qu’avec L’Inven(taire) à vif, de 2017 à 2018, avec le Théâtre du Tandem, le projet Piazza della Solitudine avec le Collectif Wundertruppe. En 2019, elle lance son album La cendre et le miel.


Jean-Philippe Rioux Blanchette, conception musicale
Jean-Philippe Rioux-Blanchette est un artiste de la relève, multi-instrumentiste, preneur de son et obsédé des textures sonores. Il est revenu s’installer dans le Nord-Ouest québécois après une maîtrise en sociologie. C’est depuis ce retour qu’il multiplie les projets musicaux et sonores, comme musicien, concepteur sonore, preneur de son ou autres tâches connexes (Ma Noranda, Les Chiens-Loups, Les Zybrides 4.0, résidences artistiques, etc.). Il travaille les notes et non-notes dans une démarche conceptuelle. Pour lui, l’imagination est matérielle et les sons sont une manière d’en marquer le relief.


Christian Leduc, conception des éclairages
Artiste et photographe depuis 20 ans, Christian Leduc est animé par tout ce qui touche à la créativité. Il a réalisé les éclairages pour la production de la troupe Brin de folie en 2014 qui réunissait 3 pièces de Tchekhov. Depuis 2004, il a exposé ses photographies et a réalisé plusieurs résidences de création au Québec et au Canada. Il est récipiendaire de quelques bourses de création du Conseil des arts et des lettres du Québec en plus d’avoir été nommé Artiste de l’année de la ville de Rouyn-Noranda en 2014.

© photo : K. Marchand