Notre premier épisode

Pour le premier épisode de La haine de la poésie, nous recevons Érick D’Orion et Sébastien B. Gagnon au LANTISS de l’Université Laval. Nous interrogeons Érick sur son travail en art audio expérimental, notamment sur la question de citation et de maximalisme. Les deux artistes abordent également leur façon de s’adresser à l’autre et de résister dans leur art. Érick semble de son côté avoir choisi un langage qui se fait dans la résistance, sans pour autant vouloir faire un art dit de résistance. Sébastien souhaite plutôt semer quelque chose chez son récepteur, il souhaite peut-être même organiser une résistance par son oeuvre. Sébastien performe ensuite l’un de ses textes poétiques publié dans le numéro 171 - PÉRILS - de la revue Estuaire et se fait accompagner par Érick qui exécute un jam pour l’occasion.


Le contexte de jouer une composition et faire une improvisation en duo devant caméras et avec un son pouvant rappeler certains concerts m'a donné une dose d'adrénaline magnifique! Je n'avais pas joué depuis... 6 mois. Mais le plus captivant, c'était la discussion qui s'est déroulé durant quelques heures sur deux jours! On a le temps de développer, de penser, de dériver, de se relancer. L'exercice a été hautement stimulant. Réfléchir au langage, aux codes, à mon rapport avec la poésie... Ça fait quand même 12 ans que je participe aux propositions des Productions Rhizome et cette expérience est une des plus jouissive vécue.
— Érick D'Orion


L'équipe de Rhizome pose une bonne question : pourquoi la poésie est-elle haïe? En effet, comment diable un genre littéraire que plusieurs croient sans importance peut-il générer de la haine? Les membres de cette fabuleuse équipe ne sont pas les premiers à se poser cette question qui est à jamais d'actualité. Ben Lerner l'a fait avant dans un essai paru chez Allia et l'équipe en question y fait écho en reprenant son titre. Mais elle pousse l'audace plus loin : elle mène l'enquête. Les questions sont riches, impossibles à cerner complètement. Les réponses pourront surprendre les plus érudits et faire s'envoler celle ou celui qui ose se prêter à l'expérience.
— Sébastien B. Gagnon












Nos invités

Érick D'Orion

Érick D'Orion, artiste en art audio, en nouveau média et en installation

Artiste interdisciplinaire de l'audio et commissaire résidant à Montréal depuis 2015, auparavant à Québec dès 1993. Concentrant en bonne partie ses recherches audio sur le maximalisme, il effectue un travail qui se rapproche étroitement du noise, de la musique concrète, du free jazz et de l’électroacoustique. Il conçoit également l’environnement sonore et la musique pour des projets en cinéma, théâtre et autres projets interdisciplinaires. Depuis l’été 2015, il travaille en collaboration avec l’artiste interdisciplinaire Catherine Lalonde Massecar (Duo Massecar • d’Orion); ils combinent autant les approches en création sonore, les pratiques en contexte réel, que la dramaturgie clandestine. Il est commissaire au volet Installations sonores pour le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville depuis 2010.

© photo : Catherine Lalonde Massecar


Sébastien B Gagnon

Sébastien B Gagnon, poète

Sébastien B Gagnon écrit dans la tempête. À ses yeux, l’enchaînement des catastrophes suscite des potentialités d’actions contre la passivité, cette coupole qui s’abat sur les populations. Les mots sont pour lui les veines des gestes qui permettent les soulèvements et altèrent les jours perdus pour qui refuse le silence de la mort collective. Avec lui, la littérature et l’art sont des aventures qui multiplient les possibles. Il a publié Disgust and Revolt Poems Mostly Written in English by an indépendantiste (Rodrigol, 2012) ainsi que Mèche (Oie de Cravan, 2016, Prix des libraires québécois 2016, catégorie poésie). Il travaille sur plusieurs projets aux aspects multidisciplinaires dont un Traité de démolition, son prochain livre à paraître et présente régulièrement performances et concerts, entre autres avec le musicien Joël Lavoie au sein du duo de poésie et musique électroacoustique boutefeu. Il codirige également Le Cosmographe, maison d’édition indépendante et secrète.

© photo : Félix Geffray